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Comparaison Stax SR Lambda et SR-84

Comparaison Stax SR Lambda et SR-84

Pour une fois, je vais me prêter au jeu de la comparaison entre deux anciens casques de qualité et le mot qualité est un euphémisme, vu qu’il s’agit de casques (entendez earspeaker et non headphones) de la célèbre marque Stax. Depuis ses débuts, la marque nippone bien connue des audiophiles s’est imposée dans le domaine des casques électrostatiques. Vu que depuis peu je possède ces deux modèles et que je n’ai pas réellement trouvé de comparatifs, je me suis dis que ça tombait bien d’en faire un article : on trouve encore ces modèles à prix modique (sic) sur les sites de ventes aux enchères ou de petites annonces.

Stax Ltd

Fondée en 1952 par Naotake Hayashi, la société Stax se fait d’abord connaître pour ses cellules et ses bras de lecture pour platine vinyle, avant de produire ses premiers haut-parleurs électrostatiques en 1954, le tweeter CSG-1 et le médium-tweeter CSP-500.

L’année 1960 voit la commercialisation du premier casque électrostatique au monde, le Stax SR-1. Il est accompagné de deux adaptateurs spécifiques (SR-D1 et SR-D2) et de deux amplificateurs dédiés (SRA-4S et SRA-6S). Les années 60 marquent ainsi l’essor de la marque Stax qui développe sa gamme d’amplis et d’adaptateurs pour casque et ses bras de lecture tout en concevant parallèlement la gamme d’enceintes électrostatiques ESS (ESS-3A, ESS-6A , ESS-12).

En 1972, Takeshi Hayashi, le fils du fondateur, rejoint l’entreprise familial après ses études à l’université de Tokyo et un bref séjour au centre de R&D Harman Kardon de New-York. Il travaille alors au développement du premier amplificateur Stax en classe A, le DA-300, délivrant 150 watts de puissance par canal, ce qui n’empêche pas la firme de continuer à développer des amplificateurs à tubes, qui ont la faveur du fondateur de la marque.

Entre le milieu des années 70 et le début des années 80, la société Stax développe une gamme de casques à electret (le cas de l’ensemble SR-84,) moins coûteux à faire fonctionner que les casques électrostatiques, car ne nécessitant pas d’amplificateur spécifique pour fonctionner. Mais la technologie électrostatique revient sur le devant de la scène en 1977 avec le casque Stax SR Sigma, un modèle sur lequel les diaphragmes adaptent un angle spécifique par rapport aux pavillons des oreilles, afin d’optimiser la perception frontale de la scène sonore. Cette conception est reprise sur les modèles Lambda Pro et Lambda signature en 1982, deux casques Stax à vocation clairement audiophile qui adoptent pour la première fois une membrane plus fine et du câble PCOCC haute qualité.

Au cours des années 80, le développement des enceintes électrostatiques et des amplificateurs conduit la société Stax à présenter en 1987 l’amplificateur le plus puissant jamais créé jusqu’alors : le DMA-X1. Les 101 kilos de cet ampli mono en classe A/B étaient capables de délivrer 1000 watts sous une charge d’1 ohm ! L’année suivante fut présenté le DMA-X2, une version plus compacte (seulement 47 kg) avec étages de sortie en classe A. La décennie 80 est également l’occasion pour l’entreprise Stax de mettre un pied dans l’univers de la musique numérique. La société nippone dévoile ainsi son lecteur CD Quattro CD en 1986, suivi en 1989 par un DAC 20 bits avec suréchantillonnage x8 (DAC-X1t).

Les années 90 marquent un tournant dans l’histoire de la société Stax qui connait alors de sérieuses difficultés financières. Renflouée en 1995, Stax devient New Stax et recentre son activité sur les casques électrostatiques et leurs amplificateurs. Elle est rachetée en décembre 2011 par la société chinoise Edifier, spécialisée dans l’équipement audio.

Stax produit encore à l’heure actuelle des casques électrostatiques dont les célèbres SR007 et SR009 qui figurent parmi les meilleurs casques au monde.

Qu’est ce qu’un casque électrostatique ?

La plupart des casques que j’ai précédemment présentés sont des casques à transducteurs dynamiques dont la membrane est soumise à la force motrice d’un aimant et ces transducteurs sont soumis à de nombreux paramètres pouvant produire des déformations du son. Les casques électrostatiques ne fonctionnent absolument pas de la même manière que les modèles dynamiques. En lieu et place du traditionnel haut-parleur à bobine, on trouve une feuille de mylar enserrée par deux électrodes de métal, auxquels sont appliquées des tensions extrêmement élevées. Les électrodes tirent et poussent la feuille de mylar sous l’action du courant électrique qu’elles reçoivent. La membrane se déplaçant de manière homogène entre les deux plaques, les vibrations génèrent alors un son d’une pureté exceptionnelle, du grave à l’aigu, sans effet de réflexion ou de contre réflexion d’une membrane électrodynamique.

La différence entre électrostatique et à électrets

En simplifiant les choses, on peut comparer un casque électrostatique à un casque à électret en disant que le premier n’est pas chargé continuellement en et a besoin d’être alimenté par une source électrique afin de charger ses plaques tandis que le second agit comme avec un condensateur possédant une charge électrique quasi permanente càd qu’il n’a pas besoin d’une source électrique ayant été « chargé » en usine. Vous me direz qu’il existe aussi les transducteur planar, orthoplanar et à ruban qui sont aussi des casques dit « électrostatiques »… malheureusement, je n’en possède pas encore et je ne saurais vous faire de comparaison.

En ce qui nous concerne, les casques Stax de cette époque doivent être couplé à un amplificateur (sortie minimum de 10 ohm), je m’explique pour faire plus simple : vous débranchez les borniers de vos enceintes (côté ampli), vous connectez ensuite l’alimentation Stax sur les borniers des enceintes de votre ampli et enfin, vous connectez les câbles de vos enceintes au module Stax qui sert aussi de switch : soit casque, soit enceintes via un potard.

Notez aussi que le Lambda, électrostatique oblige, a besoin d’un temps de « chargement » pour fonctionner à plein rendement, un peu comme un ampli à valves. Comptez au minimum l’allumer 15 minutes avant écoute sinon vous risquez de pleurer comme une madeleine en pensant l’avoir détruit parcequ’un canal n’est plus équilibré : les deux transducteurs, si anciens comme les miens, ne se chargent pas de manière uniforme (dans mon cas, mon canal droit se charge plus vite que le gauche).

Le protocole de test

Histoire de ne pas me faire incendier, voilà ma chaîne de tests :

  • Ordinateur sous Ubuntu avec Kernel dynamique et utilisation de ALSA pour le bitperfect,
  • Dac Fiio X2 2nd placé en mode DAC sur sortie line out,
  • Câble mini jack à RCA OTF sur mesure,
  • Amplificateur Topping TA2021 class-T (30W) : ne rigolez pas de cet ampli à 60 euros, il y’a une véritable synergie avec ces Stax. Notez que à partir de 95% du potard, ça crache … en dessous c’est une perle. Je compte prochainement le remplacer par un Dayton Audio DTA-120 Class T titrant à 60W RMS, Un amplificateur Stax SRM-1 de 1979 qui est en fait l’ampli prévu pour le Lambda SR Normal Bias, mais il m’arrive aussi de les connecter à une Bang&Olufsen Center 9600 et là je peux aller à fond, mais la qualité d’écoute n’est pas différente !
  • Player Deadbeef avec l’entrée Fiio matérielle sans conversion,
  • Player Audacious avec l’entrée Fiio normale (pas moyen de la mettre en material sans conversion).
  • Pas d’égualisation !
  • Des MP3 en 320Kbps 48Khz, des FLAC et du DSD 128.
  • Je ne suis pas fana des bass que je compare à un édulcorant, on sera donc sur du rock, du blues, du jazz et du classic enrigtrés en studio ou en live et ça ne pardonne pas.

Stax Lambda SR

Sorti en 1979, ce casque circum-aural électrostatique entièrement garni de plastique (très résistant) est accompagné de l’alimentation SRD-6 sortie en 1973 et est désigné comme « Semi-panoramic sound type Earspeakers ». Ses transducteurs sont de forme ovale et couvrent l’entièreté de la surface de vos oreilles. Son câblage est encore de type « normal », entendez par là une fiche à 6 broches dont une est dédiée au bias (si je me trompe, qu’on me rectifie). Au niveau du confort, vous serez aux anges, bien qu’il soit énorme, il ne pèse pratiquement rien sur votre tête et ses coussins englobent parfaitement vos oreilles : il est d’ailleurs réputé pour être un des casques les plus agréable à « porter » … je précise que, demandant une alimentation, ce n’est pas du tout un casque nomade.

J’ai acheté cet ensemble sur leboncoin pour 200 euros à un compositeur et musicien de jazz parisien reconnu (très sympathique) l’ayant utilisé par plaisir et pour son travail quotidien pendant des années. Il avait été remembranné (changement de la membrane en mylar). Il a été inspecté à son arrivée et démonté : les câbles reliés aux transducteurs étaient rongés (vert de gris) sur un 1cm dans la gaine, mais fonctionnaient parfaitement ! J’ai recoupé les câbles, désoxydé les borniers, ressoudés les câbles, enlevé tout le damping qui se désagrégeait … aucune différence dans le son, en revanche j’ai du désouder les silistors (je pensais que c’était des accumulateurs de charge, le transducteur de gauche se chargeait moins vite à cause de cette sécurité sur les borniers), mais il est reparti pour 35 ans.

Depuis la rédaction de cet article, j’ai fait l’acquisition d’un amplificateur Stax SRM-1 qui était l’amplificateur haut de gamme de l’époque pour aller avec mon casque. Je n’ai désormais plus besoin de passer par l’ampli TP-21 (le SRM-1 datant de 1979 est déjà pourvu d’une entrée coaxiale) et la qualité s’en est faite ressentir. Autre spécificité, le SR-80 étant un casque à électrets avec une fiche Pro, il peut fonctionner sur les prises Normal Bias vu qu’il n’est pas pourvu de la 6ème fiche : je peux donc brancher les deux casques sur l’amplificateur sans aucun problème (càd que je peux retirer de mon meuble audio le SRD-4, le SRD-6, l’ampli TP-21, mais aussi l’ampli Fatman Itube et le DAC HRT).

De plus, bon à savoir si vous n’en avez jamais eu, si il vous semble que votre casque est complètement unbalanced, c’est sans aucun doute que votre potard de volume – qui est en fait double et permet de gérer le bias des deux cannaux – est mal réglé, et ce potard est d’une précision chirurgicale, vous pourrez écouter les arrangement de Bowie de manière précise.

Stax SR-84

Ce casque a électret sorti en 1982 reprend le form factor de son aîné et est appairé SRD-4. Bien plus petit (3x) il est également appelé baby lambda. Ses transducteurs sont ronds de plus ou moins 60mm et son câble est type « pro » encore utilisé à l’heure actuelle par la firme càd à 5 broches.

Acheté aussi sur leboncoin a un passionné parisien pour 140 euros. Arrivé il a été inspecté et démonté : il n’avait aucun problème de corrosion, mais j’ai du retirer tout le damping qui tombait en poussière. Les électrets n’avaient aucun problème de décharge. Il va encore durer plusieurs dizaines d’années.

La comparaison

Cette comparaison est issue de réponses que j’ai donné à deux amis « audiophiles » sur facebook (l’un est un très grand coutelier français qui est passionné de son et possède un matériel d’écoute impressionnant et qui ne transige pas sur la qualité, le second est le patron d’une entreprise de création de matériel audio belge spécialisé dans le développement d’enceintes). C’est pour cela que je rédige cet article, afin de ne pas perdre ces informations et de les partager.

Sur Deadbeef, après quelques heures d’écoutes (Lambda bien chargé), les deux branchés sur la même source, j’arrive à mieux définir les différences : le SR-84 a un son un peu plus « chaud »/ »Vintage », alors qu’il est plus récent, le bas du spectre est moins précis que le Lambda (différence de technologie entre electret et électrostatique, différence de taille aussi et de forme de drivers).

Si on monte en qualité d’enregistrement, le Lambda s’adapte et sa qualité se fait ressentir et l’écart se creuse, c’est moins flagrant avec le SR-84. Tout ça fait que le Lambda est bien plus vivant … la différence est minime et il faut avoir les deux pour comparer. le SR-84, sonne un peu moins « réaliste » que le Lambda, mais défonce tout de même tous les autres casques dynamiques que je possède (Sennheiser, Grado, AKG, Hifiman et la triplettes DT de chez Beyerdynamic 600 ohms y compris).

Pour être franc, sur le concert de George Harrison (celui où il y’a ce live fabuleux de « Here Come The Sun ») au profit du Bangladesh avec la participation de Ravi Shankar, avec le Lambda on est debout en train d’écouter le concert en front stage avec le public, tandis qu’avec le SR-84 on « écoute » un très bon enregistrement d’un live bien reproduit … mais c’est subjectif, en passant de l’un à l’autre en 2 secondes sur les chansons, sans rectification de la source. Là où la différence est la plus flagrante, c’est lors des applaudissements.

Si je laisse le Lambda pendant une semaine de côté, mon oreille s’y retrouvera avec le SR-84, bien que moins détaillé et si je rectifie en égalisant, je devrais pouvoir obtenir un son presque équivalent (rapidité différentes tout de même dans le signal).

En revanche, sous Audacious avec le dac en bit perfect, mais pas le player (plugin crystalizer à 0.8), sur le même album, le SR-84 joue a égalité avec le lambda, il est même moins fatiguant que le Lambda qui, sur ce player respectant moins l’enregistrement, est un peu trop aïgu. Cette constatation se répète sur tous les morceaux et toujours sans aucune sibillance (je ne crois pas que le ce mot existe chez Stax … même « Memory » de Barbara Streisand à fond de potard ne présente aucune faute, alors que mes DT880 et DT990 me crachent un son désagréable quand elle pousse sa voix) !

PS : le câble d’alimentation HiFi de l’ampli que j’ai remplacé a rectifier la donne, le SR-84 n’a plus besoin d’égualisation.

Mais là où les deux s’envolent vers un son stratosphérique, tant en détails qu’en volume, c’est lorsque le Fiio est en mode DAC relié au Beocenter 9600 délivrant la puissance requise (encore plus sur le SRM-1) : aucune déformation, avec de plus un loudness qui fait son boulot sans déformer la scène mais en l’aérant comme il se doit, même sur du Yma Sumac ou de l’Iron Maiden et le final de Rolling in the Deep d’Adèle ne vous cassera pas les oreilles (et je ne vois pas comment ce serait possible, elle n’a pas le coffre d’Yma Sumac ou de La Callas). Autant les deux modèles se suffisent d’un ampli à 60 euros autant un système plus robuste les font s’envoler sans en atteindre les limites : oui, même à plein rendement, les transducteurs ne lâchent rien, même dans les basses et à 10cm de la coque, vous sentez le déplacement d’air à chaque coup de cymbale !

Conclusion

Allons droit au but : le Lambda est supérieur sur toute la ligne, évidement, quand il s’agit de reproduction dans une chaîne « maîtrisée » et sera proche de vous tirer une larme au coin de l’oeil (écoutez le concert de Scorpions à Athène avec un Stax et vous aurez le plaisir de le revivre encore et encore), mais le SR-84 sait tirer parti des sources « dégradées » avec brio, me le faisant préférer dans ce cas ! C’en est perturbant et magique à la fois.

S vous n’avez jamais essayé un casque électrostatique Stax, je vous déconseille vivement de le faire, vous n’en sortirez pas indemne ! Même des anciens modèles comme les miens, vieux de plus de 35 ans … roulez avec une Porsche ou une Ferrari de ces années là et avec un nouveau modèle : le confort change, y’a plus d’électronique, elle est plus adaptée à l’air du temps MAIS la comparaison s’arrête là, la sensation est la même, ça vous retourne l’estomac quand vous les démarrez, ça remonte des pieds à la pointe des cheveux ! Remonter dans un « véhicule » (j’ai pas dis une voiture, si vous considérez au minimum qu’une voiture est classée au minimum dans les Gran Turismo), devient fade et insipide. Vous ne serez plus en mesure d’apprécier autre chose. Vous pouvez chercher sur le net, des personnes ayant acheté un Stax ont carrément revendu tout leur équipement, enceintes comprises, excepté leur source et ampli de puissance, et encore, si ils ont la chance d’avoir un ampli Stax SRM Classe A, leur ampli y est aussi passé (il me reste juste à avoir confirmation si le SR-80 peut aller sur le SRM-1 et je dégage l’ampli à tube) … Il faut l’entendre pour le croire, c’est là que l’on comprend enfin les termes audiophiles abscons de « clarté », « rapidité », « fluidité », « soundstage » ou « immersion ».

Après un Stax, il n’y a pas grand chose à part une signature sonore particulière de prédilection pour laquelle vous débourserez 3000 ou 4500 euros de plus (comme un Abyss par exemple) ou des enceintes fabuleuses de chez Diptyque audio, dont j’avais félicité le directeur et l’ingénieur en chef lors d’une séance d’écoute en leur disant que c’était des Stax de salon : ils m’avaient avoué qu’ils prenaient cette comparaison comme l’un des meilleurs compliments. Le low end de Stax, le SR-202 est une petite bombe supérieure à 95% du marché des casques audio, pour un prix inférieur à un Sennheiser HD800 et les anciens modèles sont tout aussi fabuleux pour une bouchée de pain, pourquoi s’en priver ?

 

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