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Les couteaux suisses customs

Les couteaux suisses customs

C’est en lisant l’article de Dytic sur le changement de plaquettes d’un de ses couteaux suisses, que je me suis dit que je pourrais un peu rénover mon ancien SwissChamp offert il y a plus de 25 ans par mon grand-père paternel. C’est sans aucun doute le cadeau le plus merveilleux à faire à un jeune garçon.

Toujours au fond de ma poche malgré son poids, je l’ai torturé tout au long de ces années : scoutisme, internat, montage informatique, bricolage, jardinage, chantiers archéologiques et j’en passe. Il représente une foule de souvenirs et malgré son usure et ses égratignures, j’y tiens beaucoup. Il est temps de lui rendre hommage en le nettoyant à fond, en le regraissant  et en le repolissant un tant soit peu.

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Histoire du couteau suisse Victorinox

Ces couteaux ont été créés par ELSENER SCHWYZ, débutant dans un atelier en Suisse de coutellerie, qui s’octroie en 1891 le contrat pour réaliser les couteaux du soldat destinés à l’armée Suisse. Après s’être longtemps fournie en Allemagne l’armée suisse décide alors de doter ces soldats de couteaux fabriqués directement sur le territoire.

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Vient ensuite « le couteau d’officier », outil multifonction devenu célèbre dans le monde entier. Quelques années plus tard, afin de se protéger de la contrefaçon, il crée l’écusson à la croix, emblème des couteaux de poche Victorinox (abréviation de Victoria, nom de la mère du fondateur, et inox, pour acier inoxydable. La marque se fera connaître grâce à l’armée dont elle équipe les soldats.

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Depuis la marque ne cesse d’évoluer, restant moderne et novatrice, elle propose des couteaux très utiles, voir indispensables dans le monde d’aujourd’hui.

Les couteaux suisses customs

A force de chercher les pièces nécessaires à ma restauration (plaquettes, ressorts, aiguiseur, porte-clefs, étuis, mini tournevis, cure-dent, bic, …), je suis tombé sur des séries spéciales, dont deux que je m’offrirais bien au passage (les deux premiers de la liste).

Couteau Victorinox manche en corne blonde véritable

Couteau suisse CUSTOM 8 pièces

Couteau Victorinox manche en corne noire véritable

Couteau Victorinox 19 pièces manche en bois de cerf

Couteau Victorinox manche en véritable nacre

Les couteaux suisses me feront toujours rêver, tant par leur esthétisme que par leurs fonctionnalités. Même sans être amateur éclairé de couteaux, tout un chacun trouve un couteau suisse qui lui sied.

Ajout :

Comme expliqué en début d’article, j’ai un Swisschamp à restaurer. Voulant des plaquettes en corne, je me suis adressé directement hier soir au service clientèle du site « Mon Couteau Suisse », par mail, en espérant pouvoir combler cette envie. Après la rédaction de cet article, cet après-midi, le service clientèle m’a très gentiment répondu que pour un couteau d’une telle valeur sentimentale je devais m’adresser à Mr. Michel Montlahuc (dont le travail de certaines pièces présentée dans l’article avaient été reconnue, dans les commentaires, par Christophe). Comme quoi je n’y connais strictement rien en coutellerie, Mr. Michel Montlahuc est en fait un spécialiste largement reconnu pour son travail tant sur les Opinels que sur les couteaux suisses.

Sans connaître véritablement son travail et son talent – visitez le lien que j’ai rajouté de la page des réalisations de couteaux suisses de Michel Montlahuc – je me suis permis de le contacter et d’exposer le cas de mon ancien couteau suisse. Il m’a d’ailleurs confirmé que seuls les modèles en corne noire et nacre de cet article ne sont pas de sa réalisation. Ce sont en fait des fabrications Victorinox épuisées depuis quelque temps.

En ce qui concerne mon Swisschamp, je dois lui envoyer demain une photo montrant son état pour évaluer au mieux les possibilités (oui, il est dans un sale état, surtout le dos).

La fourniture de plaquettes serait possible mais Mr. Montlahuc m’informe que leur montage est cependant relativement délicat, il faut utiliser de la colle époxy 2 composants et prévoir un serrage efficace. La colle en excès doit être enlevée avant séchage complet. Il me dit aussi que les plaquettes en corne ont l’inconvénient de se rayer facilement à l’usage, l’os ou le bois de cerf sont largement préférables pour un couteau qui sert à tout. Les plaquettes custom, il ne réalise pas les logements pour les accessoires, comme Victorinox quand ces versions étaient proposées. Au pire, si vous le souhaitez, les logements de la pincette et du cure dents seraient possibles, mais pas l’épingle et le stylo et personnellement ces ustensiles ne m’ont jamais servi.

Il existe d’ailleurs deux possibilités de fixation pour les plaquettes customs. La première est dérivée des plaquettes d’origine en plastique. Un perçage agrandi (+0.5 mm) rempli de colle époxy permet de fixer la plaquette sur les rosettes en laiton d’origine. Dans le cas d’un démontage complet du couteau on peut réaliser un rivetage apparent comme sur la plupart des autres couteaux. Pour ce qui est d’une entretoise entre le support du couteau et les plaquettes, Michel Montlahuc ne l’a réalisé qu’une fois, mais un intercalaire en fibre vulcanisée de couleur en 0.4 ou 0.8 mm est possible entre la platine alu et la plaquettes. Ça ne facilite pas le collage, mais avec de la colle Epoxy ça ne pose pas de problème.

Néanmoins, il peut effectuer une restauration complète avec un polissage des outils et lames et éventuellement un guillochage (il en réalise une dizaine de motifs ! moi qui adore ça, je ne peux rêver mieux, surtout quand on voir le travail effectué sur le 8 pièces présenté ici) et un petit supplément si certains outils endommagés sont remplaçables. D’ailleurs, en ce qui concerne le remplacement d’outils par d’autres, Mr. Montlahuc m’apprends que la seule restriction c’est que ça marche par couche, il faut donc supprimer, par exemple, la loupe et le tournevis cruciforme et éventuellement les remplacer par une autre couche d’un 91 mm. Le talon de chaque outil et son ressort correspondant ont une forme spécifique.

J’avais aussi posé la question de l’ajout de « thumbstud » (dont je ne connaissais pas le terme exact) pour ressembler aux couteaux multi-lames de chez Mongin. Michel Montlahuc m’a expliqué pourquoi ce n’étais pas vraiment possible : « en plus de la difficulté de réalisation, ça pourrait gêner à l’utilisation des outils. Surtout, les outils étant trempés le perçage nécessite des forets au carbure de tungstène et le taraudage est impossible. L’ergot devrait être riveté. Ca fait beaucoup de contraintes« .

En ce qui concerne une signature de l’artisan, il avoue ne pas avoir eu l’occasion de la faire mais il serait possible qu’il ajoute ses initiales et une date sur la platine derrière le tire-bouchon, emplacement du numéro de série sur les collectors Victorinox.

Le Swisschamp restauré par Michel Montlahuc

Voilà, je viens de le recevoir ce matin (7 février 2014) et c’est une pure merveille, je vous laisse admirer ce couteau et les détails réalisé par l’artiste. Attention, comme il y’a tempête, ce sont des photos prises en intérieur :

Le prix demandé par Michel Montlahuc est correct et justifie pleinement son travail.

Alternative Text Historien de l'Art, Archéologue, Agrégé de l'Enseignement Secondaire Supérieur, Etudiant en techniques infographiques 3D, Webdesigner, photographe amateur et rédacteur principal de Pleasureblog, je suis passionné par le Design, la Décoration, l'Artisanat et les objets High-Tech.
  • Le coutographe

    super article, complet, documenté, illustré… ça me rappelle lorsque j’avais un peu plus de temps pour faire des articles de fond.
    ces pièces uniques sont splendides…
    merci

  • Achel

    J’ai envoyé un mail chez « mon couteau suisse » pour voir si il y’a moyen d’obtenir des plaquettes en corne blonde, j’ai déjà bien nettoyé mon couteau et les plaquettes sont retirées. Me reste à tout repolir, mais je manque de pâte verte pour un effet miroir.

    Ce dont je me sert le plus souvent c’est le tournevis cruciforme … et je trouve aucun endroit sur le net ou quelqu’un qui assemble sur mesure un canif suisse sur base des pièces existantes (restera lesforums à fureter).

  • christophe

    Tés bel article,sur ce sublime outil qu’est le couteau suisse, les customs de Michel Montlahuc sont de toute beauté.

    • Achel

      Néohphite, je ne savais pas qu’ile étaient de Michel Montlahuc lors de la rédaction de l’article ce matin. Depuis cet après-midi, grâce au site « moncouteau suisse » je le sais et je l’ai contacté autant pour la restauration de mon canif que pour un complément d’informations pour cet article. En tous les cas , j’ai cherché son travail sur Internet et autant ses couteaux suisses que ses Opinels sont superbes !

  • Fr@nk

    Interressant tout ca ! Effectivement pour une valeur sentimentale, c’est toujours delicat de confier son objet ! J’attends la suite avec impatience !

    • Achel

      c’est en bonne voie et point de vue sentimental, ce canif estdans ma poche depuis mes 10ans … tout le temps, même en en voyage (sauf dans l’avion où il repose dans la valise)

  • Achel

    Couteau envoyé et reçu par Mr. Montlahuc, il s’agit de prendre maintenant une décision pour le guillochage et les petites réparations qui s’imposent !

  • Fr@nk

    Tres belle restauration !! Tu dois etre ravi j’imagine !

    • Achel

      Une petite merveille ! Je le garde pour la prochaine génération ;-)