Pages Navigation Menu

Luxe, Lifestyle, Mode, Déco, Design, High-Tech

Les machines à café à dépression

Les machines à café à dépression

J’aime le café, je l’ai déjà dit et je le répète et ce, à toute heure du jour ou de la nuit. Obtenir un bon café est d’ailleurs quelque chose de plus complexe que de placer une dosette ou une capsule dans une machine électronique et répéter de manière idiote l’expression anglaise « Wath else ? » avec un sourire en coin. Franchement, si je me retrouvais en face de G. Clooney, le contenu de la tasse sortant de son usine à gaz volerait à terre et je lui répondrait « ben, premièrement tu vas t’acheter du vrais café fraîchement torréfié,  tu le mouds comme il se doit juste avant de te préparer ton élixir et tu utilises au choix une bonne machine espresso italienne pure jus respectant la bonne pression ou tu utilises une cafetière Bialetti ou encore une cafetière à dépression » … et je suis certain d’en oublier !

Et justement , en parlant de machines à dépression, autant savoir de quoi il s’agit !

Historique de la machine à dépression

Wikipédia possède un bon historique sur les machines à dépression, pour ceux qui trouverait que c’est trop peu et qui veulent mieux se documenter, je leur conseil de suivre le lien The historical Development of the Vacuum Coffee Pot lié à cet article.

En 1825 apparaît la cafetière à dépression de type Cona. Composée de deux globes superposés et fixés à un support, elle fonctionne à pression d’air.

La partie inférieure, la boule, contient l’eau et la partie supérieure, la tulipe, reçoit la mouture. À l’aide d’un brûleur, l’eau chauffe et s’évapore créant une surpression dans le globe inférieur. L’eau chaude (85 °C) monte à l’étage supérieur par le tube de la tulipe plongé dans la boule et se mélange à la mouture. À ce moment, on arrête la source de chaleur puis, la pression diminuant, l’eau infusée redescend par dépression dans le récipient inférieur par le tube de la tulipe sur lequel est placé un filtre.

Le brevet est déposé par la Française Jeanne Richard en 1837 en faisant référence aux travaux de l’allemand Loeff. Plusieurs brevets se succèdent en apportant diverses améliorations (Louis François Boulanger (France, 1835), Mority Platow et James Vardy (Angleterre, 1839), Mme Vassieux (France, 1841).

Améliorations de la cafetière à dépression

En 1844, Louis Gabet invente le siphon balancier. Il sépare les deux récipients qui sont placés l’un à côté de l’autre (en céramique pour l’eau, en verre pour le café) ; l’eau est transférée dans un tube de l’un vers l’autre par effet siphon. Lorsque l’eau est transférée dans le deuxième récipient, son poids s’alourdit et déclenche un balancier qui éteint ainsi automatiquement le brûleur au bon moment. Un système similaire est développé parallèlement par l’écossais James Napier, ingénieur naval et grand inventeur. Il diffère du système précédent par l’absence de mécanisme pour éteindre la flamme. C’est ce système qui fut utilisé en Grande-Bretagne.

La cafetière va s’étendre aux États-Unis. En 1866, William Edson améliore le système en construisant une cafetière en un seul tenant, proche des cafetières italiennes. Elle est composée d’une chambre haute et d’une chambre basse reliées par un tube. Sous l’effet de la pression, l’eau monte au travers du tube, puis le café s’infuse et, lorsque la pression diminue, retourne dans le fond. Cette cafetière a l’avantage d’être peu coûteuse et sans risque.

En 1868, Julius Petsch (Hanovre) et Stephen Buynitzky (Saint-Pétersbourg) déposent un brevet sur une cafetière du même type que Edson à ceci près, que le compartiment supérieur est sur pivot ; lorsque l’eau rentre dedans, le compartiment bascule à cause de sa forme asymétrique. La flamme est éteinte et l’eau s’écoule dans le réservoir du bas. Lorsque l’eau s’est écoulée, le réservoir bascule de nouveau et va actionner un marteau qui frappera une sonnette pour signaler que le café est prêt.

Les modèles de machines à dépression

Autant vous le dire directement, il existe plusieurs modèles et plusieurs marques de machines à café utilisant le système de dépression. En voici un bref tour d’horizon ainsi que les liens pour vous en procurer une si le cœur vous en dit.

Cona

Pour les amateurs de café, la cafetière Cona correspond par définition au café dégustation. Depuis 1910, CONA est synonyme de perfection et de raffinement dans la façon de préparer le café, pour en extraire tout l’arôme sans en retenir l’amertume. Et dans une Cona, rien ne risque d’altérer le goût du café : l’eau et le café ne sont en contact qu’avec le verre.

Elle se compose d’un récipient de verre et d’un cylindre appelé tulipe muni d’un fitre et se terminant par un tube creux. Le ballon du bas est rempli d’eau fraîche et le café, en mouture fine ou moyenne, est étalé sur le filtre. Les deux parties sont réunies, le tube de la tulipe plongeant dans l’eau qui, chauffée, entraîne une pression qui la pousse dans le tube et lui fait traverser la mouture. On remue le mélange, on le retire du feu, ce qui a pour effet de faire redescendre le café.

Le premier modèle de Cona datant de 1910 a inspiré les Hario (Japon) et autre Yama (Taiwan). La version au nouveau design a été dessinée en 1960 et a toujours été fabriquée en Angleterre ou en Allemagne. Désormais, les modèles actuels sortent exclusivement d’une usine anglaise. Cette dernière information justifie le prix de vente relativement élevé de la cafetière. Comptez 250€ pour ce type de cafetière d’une contenance de 6 tasses.

Hellem

Marque française de cafetière à dépression, elles ressemblent aux premières Cona et vous pouvez en voir une dans le film les Tontons flingeurs. Il ne faut pas oublier que la découverte physique de la contraction des vapeurs au refroidissement de 1800 est française. Si vous cherchez sur ebay, vous pourrez en trouver quelques unes, comptez entre 35 et 150€ pour une en parfait état de fonctionnement.

Hario

La Maison Hario est depuis 1921, une entreprise Japonaise spécialisée dans l’art de la table, elle à su s’imposer dans le marché grâce à ses théières et à sa cafetière à dépression connu dans le monde entier, appelée « Syphon ». Hario est devenu naturellement le plus grand standard de qualité, reconnu par les plus grands baristas comme étant le meilleur procédé filtre pour déguster un café. La différence avec les cafetières à dépression classiques est que la chambre d’infusion est cylindrique, ce qui permet d’avoir un meilleur contrôle du procédé. Hario est encore en activité et propose différents modèles et surtout différents types de brûleurs !

Belgium Royal 4C

Machine à dépression avec balancier rappelant les machines déposées sur les tables des grands restaurants et palace des années 20. Attention, cette machine ne porte de « Belgium » que le nom, car c’est une fabrication taïwanaise copiant d’anciens modèles. N’empêche qu’elle est magnifique (et pas trop chère) mais emploie du métal comme récipient.

Les machines à café à dépression sont de véritables petits bijoux et délivrent un breuvage au goût raffiné – entendez par là, moins corsé qu’un espresso – néanmoins, il nous restera à voir, dans un prochain article, les machines à pression pour obtenir des espresso sans électricité.

 

Tags :

 
Alternative Text Historien de l'Art, Archéologue, Agrégé de l'Enseignement Secondaire Supérieur, Etudiant en techniques infographiques 3D, Webdesigner, photographe amateur et rédacteur principal de Pleasureblog, je suis passionné par le Design, la Décoration, l'Artisanat et les objets High-Tech.
  • hellemcona

    Bonjour. effectivement les cafetières hellem ressemblent aux cona à deux exceptions: la fixation du filtre (tige fillete pour lm et ressort pour cona)mais la plus grande différence est dans le système de fixation de la boule.chez cona c est une pince alors que Louis Martinent (LM en phonetique hellem) à déposé un brevet pour son système de fixation avec un boullon.1927
    Le brevet cona reposée aussi sur la fixation du ballon 1911.

    • merci beaucoup de ces précisions, ça fait plaisir de voir que des personnes intéressées passent sur cette page.